Sies touristiques > Le Temple de Preah Vihear

Les "vieilles pierres" les plus controversées d'Asie du Sud-Est font à nouveau parler d'elles. Le temple khmer de Preah Vihear, situé sur la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, est revenu ces derniers jours dans une actualité qu'il n'a jamais totalement quittée tant est vif le contentieux concernant son statut exact : temple hindou appartenant à l'ancien royaume d'Angkor ? Ou édifice de style dit "lopburi" pour les Thaïlandais, remontant à l'époque, voici dix siècles, où les souverains khmers régnaient jusqu'au milieu du royaume de Siam et y construisaient, en bâtisseurs illuminés, leurs innombrables cathédrales ?
La question n'a jamais été franchement tranchée entre les deux pays. Elle vient de refaire surface quand l'Unesco, à la demande de la Thaïlande, a décliné, fin juin, de satisfaire à un souhait insistant du Cambodge pour que le temple de Preah Vihear (Phra Wihan en langue thaïe) soit porté sur la liste des sites du Patrimoine mondial.
Indiscutablement de style khmer angkorien, édifié entre les Xe et XIIe siècles, le temple est situé sur un surplomb, à 600 m au-dessus de la plaine du nord cambodgien. Son accès est très malaisé par cette voie, alors qu'il ne pose aucun problème à partir de la Thaïlande. Depuis le XIXe siècle, Bangkok, qui régnait à son tour sur cette partie du Cambodge, reproche à la France d'avoir favorisé le retour du temple dans le giron d'une nation cambodgienne reconstituée sous férule coloniale. La cour de justice internationale de La Haye a jugé, en 1962, en faveur du Cambodge. Mais la pilule de l'histoire postcoloniale n'est jamais vraiment "passée".

