Têt
Nguyen Dan - Nouvel an
Pour la
plupart des Vietnamiens, le Têt Nguyen Dan, le
Nouvel An lunaire, est la plus grande, la plus
sacrée et la plus attrayante de toutes les fêtes. Le
Têt se déroule à la charnière entre deux années
lunaires. Il marque la fin d’un cycle de la nature.
C’est à la fois la fin de l’hiver et le début du
printemps – la saison du renouveau universel, animal
et végétal.
Les rites
des 1er et 15e jours de chaque
mois lunaire
D’après les
sutras bouddhiques, les 1er et 15e
jours de chaque mois lunaire sont les journées de
Bouddha, et le culte lui est rendu sur les autels,
ainsi que sur l’autel des ancêtres. On fait brûler
de l’encens et l’on présente des plateaux de fruits
et autres offrandes. Même si les célébrations de la
nouvelle année lunaire sont terminées, l’atmosphère
de fête du Têt subsiste. Le temps est doux malgré un
crachin occasionnel, les temples et les pagodes sont
envahis de personnes âgées disant leurs prières, de
jeunes gens demandant le bonheur en amour et la
chance en affaires, des parents demandant santé et
prospérité pour leurs enfants… Les fruits et les
mets délicats offerts à Bouddha sont ramenés à la
maison pour être distribués à tous les membres de la
famille comme des cadeaux des dieux.
Selon
l’astrologie traditionnelle, le destin de chaque
personne est influencé par une étoile en
particulier. Le 15e jour de chaque mois,
on rend le culte à sa bonne étoile devant un autel à
trois étages. Sur l’étage supérieur, on dépose les
offrandes de nourriture et d’encens pour les Cieux
et pour Bouddha. Sur l’étage intermédiaire, ce sont
les offrandes pour l’étoile tutélaire. Sur l’étage
inférieur, on dépose différentes sortes de
nourriture, dont du gruau de riz pour les « âmes
errantes ».
L’origine du
caractère sacré de cette date particulière n’est pas
très claire. L’une des explications serait qu’à
l’occasion de la première pleine lune de l’année,
l’empereur de Chine avait l’habitude d’offrir un
prodigieux banquet aux plus importants lettrés du
pays, qui composaient alors des poèmes à la gloire
du monarque, et louaient les beautés de la nature.
Et pour les hommes de lettres, la lune est au
firmament de sa beauté au cours de cette nuit-là.
Pourtant,
quelle que soit l’origine de cette tradition, une
chose est sûre, ces jours-là, le cœur de tout un
chacun se tourne vers une vision de paix et de
bonheur.
Têt Khai Ha
Khai Ha est
organisé le 7e jour du 1er
mois lunaire. Le propriétaire offre de l’argent et
des habits en papier votif à ses ancêtres, et leur
dit au revoir. Le piquet de bambou, cay neu,
est abaissé et la nouvelle année est accueillie.
Selon les croyances populaires, si le temps est doux
et le soleil brille pour Khai Ha, l’homme sera en
bonne santé et chanceux tout au long de l’année.
Têt Thuong
Nguyen
(Têt Nguyên
tiêu)
Têt Nguyên
tiêu se déroule le 15e jour du 1er
mois lunaire, la première pleine lune de l’année.
Cette fête est généralement organisée aux pagodes,
parce que le jour-là est l’anniversaire de la
naissance de Bouddha. Les temples et les pagodes
sont envahis de personnes âgées qui font brûler de
l’encens et l’on présente des plateaux de fruits et
autres offrandes.
Têt Thanh
Minh
On parle
généralement de calendrier lunaire pour décrire le
calendrier vietnamien et chinois, mais il s’agit en
réalité d’une combinaison des calendriers lunaire et
solaire. Les jours et les mois sont basés sur les
phases de la lune; la pleine lune tombant au milieu
de chaque mois. Mais, le calendrier est également
divisé en 24 périodes climatiques qui s’appuient sur
les mouvements visibles du soleil dans le zodiaque.
Thanh Minh est le nom d’une de ces périodes. La
plupart des années, cette période débute au 3e
mois du calendrier lunaire vietnamien.
Littéralement, Thanh Minh signifie clair et
lumineux. Le temps est alors propice à la visite des
tombes et les premiers jours de cette période sont
appelés Têt Thanh Minh. À l’époque féodale, les
rites de Thanh Minh comptaient parmi les plus
importantes cérémonies de la cour royale et elles
étaient présidées par le roi lui-même. Dans le livre
des rites royaux (Kham Dinh Dai Ban Hoi Dien Su Le),
il était noté que, chaque année, au début de la
période Thanh Minh, le souverain venait au temple
royal pour conduire la cérémonie dédiée à ses
ancêtres.
Le ministère
des Rites était responsable de tous les
arrangements. Dans les villages ruraux, les familles
de paysans ne respectaient pas strictement le
calendrier et, par convention, les trois premiers
jours du troisième mois devinrent le temps de ce
festival annuel.
Par le passé,
les tombes étaient dispersées dans les rizières ou
sur les basses collines. Les gens profitaient alors
de la fête du Thanh Minh pour désherber et
entretenir les tombes de leurs ancêtres et parents.
Une cérémonie était organisée dans le temple
familial ou dans la maison funéraire du chef du clan
pour rendre hommage aux ancêtres.
C’était
également l’occasion de se réunir pour les membres
du clan et de renforcer leurs liens. Au cours des
dernières années, la plupart des tombes ont été
déplacées dans des cimetières officiels, et nombre
d’entre eux sont pavés de briques ou de béton. Il
n’y a donc plus vraiment besoin de faire d’efforts
d’entretien pour les tombes, mais les gens visitent
toujours celles de leurs ancêtres pour faire brûler
de l’encens, non seulement pendant Thanh Minh, mais
également pour le Nouvel An lunaire. La visite des
tombes et le culte des ancêtres est l’une des
caractéristiques de la vie spirituelle des gens de
ce pays.
Têt Doan
Ngo
Survenant le
5e jour du 5e mois lunaire, le
Têt Doan Ngo est une journée de purge. C’est une
fête qui vient en milieu d’année pour améliorer la
prévention des maux et des maladies et honorer la
mémoire des ancêtres.
Têt Trung
Nguyen
Aussi appelée
la « Journée des âmes errantes » cette fête a lieu
le 15e jour du 7e mois
lunaire. Ce jour-là, les gens se rendent toujours à
la pagode pour faire de généreuses offrandes aux
âmes errantes.
La fête du
mi-automne est célébrée le quinzième jour du
huitième mois lunaire. Même si cette célébration est
dédiée aux enfants, les adultes participent aussi
aux festivités.
Les enfants
chantent, dansent et font une parade de lanternes
ayant la forme de lune, d'étoile ou d'animal.
Les activités
ont lieu pendant la journée. Les enfants mangent des
fruits et des gâteaux qui ont été préparés tout
spécialement pour eux.
Têt Trung
Cuu
Cette fête
des doubles neufs (le 9e jour du 9e
mois lunaire) est originaire de Chine. À cette
occasion, les érudits confucéens avaient coutume
d’aller marcher sur la montagne en buvant de la
liqueur de chrysanthème. De nos jours, peu de
communes célèbrent encore cette fête, qui a tendance
à se perdre.
Têt Trung
Thap
Les
Vietnamiens ont l’habitude de prendre congé de Ong
Cong (le Génie de la terre) et de Ong Tao (le Dieu
de la cuisine) le 23e jour du 12e
mois lunaire. Ils s’envolent tous les deux vers les
Cieux pour aller faire leur rapport à Ngoc Hoang
(l’Empereur de Jade) sur la vie du propriétaire de
la maison où ils habitent, et demander chance,
prospérité et bonheur. La veille du Nouvel An
lunaire, ils reviennent tous deux sur terre pour
reprendre leurs fonctions, qui consiste à surveiller
la cuisine de la maison.
Ce culte
rendu à Ong Cong et Ong Tao proviendrait d’une
vieille légende. Un couple était tellement pauvre
qu’ils durent aller très loin pour gagner leur vie.
Et ils se perdirent. Après avoir longtemps cherché
en vain à retrouver son époux, la femme finit par se
remarier. Un jour, son vieux mari vint par hasard
frapper à sa porte pour mendier de la nourriture. Le
vieux couple se reconnut. Triste et gênée de son
infidélité à son mari, la femme sauta dans le feu et
mourut dans les flammes. Son mari, de douleur, la
suivit dans les flammes, de même que le nouvel
époux. Touché par cet amour profond, l’Empereur de
Jade permit aux trois personnages de vivre ensemble
comme le Dieu de la cuisine.
Le jour de la
fête de Ong Cong et Ong Tao, les gens préparent
généralement du riz collant à la vapeur avec du
sucre, des gâteaux en forme de cônes tronqués en riz
collant, et de l’encens et des fleurs pour la
cérémonie d’offrande. Ils préparent également une
bassine d’eau dans laquelle ils mettent une grosse
carpe vivante, ou encore trois petites. Après la
cérémonie, les carpes sont relâchées dans un étang
ou dans la rivière. Cette coutume a deux
significations. D’abord, suivant la croyance
populaire, la carpe nage bien et elle pourra passer
Vu Mon (la Porte des Cieux) pour se transformer en
dragon. Ainsi, Ong Cong et Ong Tao pourront monter
au ciel sur une carpe, puis un dragon. Deuxièmement,
cette coutume réfère à l’habitude de lâcher des
animaux, comme des oiseaux dans les airs et des
bêtes dans la forêt, ce qui est considérée comme une
action généreuse qui apporte le bonheur.
Ce culte
rendu au Génie de la terre et au Dieu de la cuisine
a une valeur humanitaire, qui reflète le bonheur
familial. Le feu dans la cuisine ne manifeste pas
seulement l’union chaleureuse de la famille, mais
aussi une bonne récolte et un développement agricole
prospère.